mercredi 21 novembre 2018

Plus de cinq tonnes de déchets - bonbonnes de gaz, cordes, tentes, conserves et plastiques en tous genres - ont été ramassés en mai sur le versant népalais de l'Everest par une expédition mise sur pied par l'ONG française Montagne et partage.


«Nous avons collecté 5,2 tonnes de déchets», a affirmé à l'AFP Gérard Clermidy, le président de l'association, en déplorant que l'Everest mérite son surnom de «plus haute poubelle du monde».


«On a dû laisser cinq autres tonnes qui étaient visibles, et il y en a encore bien plus qui ne se voient pas, dans les crevasses», assure-t-il.


Avec cette expédition, l'ONG souhaitait tirer la sonnette d'alarme sur la quasi-absence de gestion des déchets sur les hauts sommets du Népal et plus largement dans tout ce pays de près de 30 millions d'habitants qui n'a aucune installation de traitement des ordures.


Les expéditions sont censées rapporter 8 kg de déchets par personne et une petite partie des permis d'ascension doit financer le nettoyage du camp de base, mais les contrôles sont défaillants.


De plus, «pour redescendre les déchets des camps intermédiaires, les sherpas demandent désormais des bonus», a expliqué le dirigeant.


Les deux tiers des déchets collectés l'ont été au camp de base, à plus de 5300 mètres, où, au plus fort de la saison d'ascension en mai, environ 2000 alpinistes et sherpas cohabitent.


«Nous avons été surpris de trouver autant de déchets au camp de base où le Comité de contrôle de la pollution de Sagarmatha (nom de l'Everest en népalais) ne remplit visiblement pas sa mission», a déclaré Gérard Clermidy.


Le reste a été collecté dans des conditions difficiles dans les camps intermédiaires, dont le dernier, le 4, est à environ 8000 mètres.


«Nous avons eu une mauvaise surprise au camp 4, où les expéditions, pressées de redescendre après le sommet, abandonnent souvent les tentes et ce qu'il y a dedans», a-t-il confié.

Les membres de l'expédition de Montagne et partage, quatre Français et une quinzaine de Népalais, ont passé 38 jours sur les pentes de l'Everest pour collecter un maximum de déchets, qui ont ensuite été descendus à dos de yaks.


Ceux qui étaient recyclables, surtout le métal (bonbonnes de gaz, canettes, conserves, échelles métalliques), ont été acheminés jusqu'à Katmandou par hélicoptère et par camion.


Les autres déchets (cordes, plastiques, toiles de tente, papiers, etc.) ont été déposés au village de Namche Bazar, où il y a un incinérateur. «Malheureusement, il ne marche pas depuis le séisme de 2015 et les déchets finissent par être brûlés à l'air libre», a expliqué le responsable associatif.


Selon lui, les responsabilités concernant cette situation alarmante sur l'Everest sont partagées. «Il y a les alpinistes qui ne pensent qu'au sommet, certaines agences qui veulent dépenser le moins possible et les autorités qui n'agissent pas», regrette Gérard Clermidy.

 

Le réchauffement climatique pourrait rendre près de 60% des zones de production de café en Éthiopie impropres à la culture de caféiers d'ici à la fin du siècle, alertent les auteurs d'une étude publiée lundi dans la revue scientifique Nature Plants.


Les zones de culture pourraient en revanche être multipliées par quatre en les délocalisant dans d'autres régions du pays, soulignent-ils. Le café représente un quart des recettes d'exportation de l'Éthiopie, cinquième producteur mondial et premier exportateur de café d'Afrique. Quelque 15 millions d'Éthiopiens travaillent dans ce secteur.

Environ 80% du café provient de zones forestières qui fournissent l'ombre nécessaire à sa croissance. Le café est cultivé essentiellement à des altitudes allant de 1200 à 2200 mètres, la température idéale se situant entre 18 et 22°C.


Ces cinquante dernières années, la température moyenne a augmenté d'environ 1,5°C en Éthiopie. Selon les auteurs - des chercheurs des Jardins botaniques royaux de Kew, au Royaume-Uni, et des spécialistes notamment du College of Natural Sciences d'Addis Abeba -, si rien n'est fait, «39 à 59% des zones actuelles de culture du café pourraient subir des changements climatiques assez importants pour les rendre impropres à cette culture» d'ici à la fin du siècle. Les plantations de café de la région de Harar disparaîtraient probablement.


«Une approche consistant à ne rien faire pourrait être désastreuse pour l'économie du café éthiopien à long terme», souligne Justin Moat, l'un des auteurs cité dans un communiqué des Jardins botaniques royaux de Kew. «Des décisions prises à temps, précises, fondées sur la science sont nécessaires maintenant et dans les décennies à venir» pour assurer la durabilité de ce secteur, ajoute-t-il.


Si des décisions sont prises, «en particulier le déplacement des cultures de café vers des zones situées plus en altitude et la création de nouvelles zones de culture, avec des mesures de protection des forêts ou de boisement, la production de café pourrait être multipliée par quatre, même avec le changement climatique», explique Aaron Davis, des Jardins botaniques royaux.


Pour faire face aux effets du réchauffement climatique, il faudrait faire grimper les plantations de café de 32 mètres tous les ans, selon les chercheurs. Ils ont étudié la situation depuis les années 50 et recueilli la plupart de leurs données depuis 2013.

 

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