jeudi , 20 février 2020
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Babacar Diop (FDS) : “On entre à Rebeuss en bonne santé pour y sortir en fauteuil roulant”

“De l’entrée à la sortie, il n’y a que la violence”, a regretté le leader des Forces démocratiques du Sénégal (FDS) à propos de la Maison d’arrêt de Rebeuss.

En liberté provisoire dans l’affaire de la manifestation devant les grilles du Palais pour contester la hausse du prix de l’électricité, Babacar Diop est revenu sur les exécrables conditions de détention.

“Je ne parle pas pour moi”, a-t-il précisé d’emblée au micro de Babacar Fall (Rfm), regrettant le fait que la dignité humaine est bafouée. Avec par exemple des geôliers qui frappent les prisonniers.

Une toilette pour 200 personnes

“Les conditions carcérales constituent une violence. Vous pouvez avoir 200 personnes qui partagent une seule toilette. C’est la chambre 1 où j’étais. Ce n’est même pas digne pour les animaux. Il y a aussi les longues détentions. J’ai eu à assister à la circulation d’une liste pour des gens qui n’ont pas été entendus depuis 2013-2014. Cela veut dire que leurs dossiers ont été perdus.”

A ses yeux, vont trinquer les faibles qui n’ont pas d’avocats.

Pour ce qui est de l’exploitation de l’homme par l’homme, il déclare : “Ils ont construit la Fondation et n’ont reçu que 30 mille francs. Pourtant, ils ne sont pas frappés de travaux forcés. Derriere le mur de la corniche, la société donne en offrande ces propres enfants. La situation nous interpelle en tant qu’intellectuel, société civile… On entre à Reubeuss en bonne santé, on y sort en fauteuil roulant.”

Sur la fameuse bastonnade dont il a été victime, Babacar Diop raconte que les gardes pénitentiaires l’ont insulté de mère. “Je leur ai dit de ne plus le faire. Ils ont pris ça comme une défiance. Je leur ai rendu la pareille quand ils ont insisté.”

“L’administration pénitentiaire a voulu acheter mon silence”

Pour lui, le communiqué de l’administration pénitentiaire est un “tissus de mensonges”. D’abord le timing – 5 jours pour réagir. Ensuite, on ne conduit à l’infirmerie que quelqu’un qui est blessé.

Après l’événement, révèle-t-il, l’administration a voulu acheter son silence, en lui demandant de faire taire ses avocats et de ne pas impliquer l’université. Elle est allée jusqu’à convoquer une certaine presse pour l’interroger. “Ils ont eu peur quand la presse a été informée. Ils voulaient que je fasse une déclaration pour dire que je me porte bien”, poursuit-il.

Ses avocats ont déposé une plainte. “Nous espérons que justice sera faite”, a-t-il dit.

L’enseignant-chercheur considère qu’il ne sera libre que si Guy Marius Sagna et Cie retrouveront leurs familles. “Il n’y aura de paix et de stabilité que lorsqu’ils seront libres. Parce qu’ils n’ont rien fait.”

Le fait de garder ces derniers en prison est injuste, une stratégie inique de l’État, inquiète de la mobilisation de l’université.

Et de rappeler que le temple du savoir défend des principes et non Babacar Diop en tant que tel. “Les libertés fondamentales doivent être protégées. C’est ce qui garantit une société démocratique. C’est au nom de ces valeurs que le Saes, Sudes et les étudiants me défendent.”

“Celui qui commande doit obéir à la loi, à la volonté de son peuple”

A l’en croire, le préfet de Dakar est le premier facteur du trouble à l’ordre public. Vu qu’il s’agissait d’une manifestation pacifique.

Il refuse d’être cantonné aux amphithéâtres, invitant le président Macky Sall à entendre la clameur populaire et non la fratrie.

“Lorsque vous exercez le pouvoir, vous devez avoir la capacité d’écoute. Celui qui commande doit obéir à la loi, à la volonté de son peuple. (…) Il y a des cellules de Noo Lank à l’intérieur du pays, dans la diaspora. (…) Nous avons donné à la Senelec nos larmes, nos vies. Le plan Takal a coûté 700 milliards de nos francs, le plan Yessal a coûté 300 milliards”, a-t-il pesté.

Babacar Diop a aussi abordé la situation de l’université, le dialogue national. Une façon de regretter la pléthore d’étudiants à l’UVS (40 mille) et d’inviter Famara Ibrahima Sagna à ne pas être mêlé à cette mascarade.


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