lundi , 20 janvier 2020
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“Cleaning day” : le mal est plus profond (par Thierno Bocoum)

Il y a quelques jours, j’ai eu le réflexe de retourner dans les endroits où nous avions fait un cleaning day sous des initiatives diverses. Nous avions répondu à beaucoup d’appels dans ce sens, y compris celui de mon fils ainé qui avait décidé de nettoyer le lieu où le comédien Makhfouss faisait ses tournages, le plus souven

J’ai noté que la plupart des endroits visités avec enthousiasme et fierté ont retrouvé très rapidement leur situation d’insalubrité d’antan. C’est comme si nous nous étions fatigué pour rien. Le mal est profond et ne semble pas trouver solution à travers une simple initiative et un coup de balai le temps d’une journée.

Le problème dans notre pays est que nous avons un peu trop tendance à fêter des initiatives. Nous ne sommes pas assez critiques et très regardants sur les moyens engagés pour atteindre les objectifs.

L’intervention du Président de la République dans cette quête de propreté et de villes saines est une bonne chose. Elle donne une autre dimension à une question éminemment importante dès l’instant qu’elle touche à l’image et à la notoriété de notre pays. Mais cette initiative du Président de la République ne peut se limiter à un simple appel.

Beaucoup n’ont pas attendu son appel pour s’y mettre. Les ASC et autres associations ont toujours été animées par la volonté de rendre propre leur environnement.

Il faut nécessairement aller au-delà d’un simple appel et d’une simple opération de communication.

Le gouvernement gagnerait à travailler à se doter des moyens de rendre pérenne une telle initiative.
Nous l’invitons à mettre l’accent sur :

La sensibilisation

Des spots publicitaires diffusés dans les médias d’Etat et médias privés doivent conscientiser les populations sur la nécessité de rendre leur environnement propre et sur les méfaits d’un environnement insalubre.

Les poubelles

Il en manque énormément à Dakar et à l’intérieur du pays. Elles sont à la limite inexistantes. Les poubelles sont le premier moyen devant permettre d’encourager le comportement citoyen dans le traitement des déchets. A défaut de poubelles, beaucoup de nos compatriotes ont le réflexe de jeter par terre les déchets. Avec l’effet du vent, ces déchets salissent l’environnement et le rendent insalubre.

Des urinoirs et toilettes publiques

Le fait de faire ses besoins dans la rue est très courant au Sénégal. L’Etat doit penser à mettre en place des toilettes publiques payant dans le cadre d’un PPP, ou d’encourager le privé dans ce sens. Quelqu’un qui a l’envie pressante de se soulager aura toujours du mal à attendre d’arriver chez lui pour s’en acquitter.

La fréquence de ramassage des déchets

Les charrettes qui suppléent au rythme lent de ramassage des structures habilitées ne nous débarrassent pas le plus souvent des déchets. Ils les déplacent d’un point à un autre. Il faudra que l’Etat trouve une alternative devant permettre un ramassage efficace et efficient des déchets.

Curage régulier des caniveaux

Le curage des caniveaux est un sérieux problème dans notre pays. L’Etat doit s’en occuper plus sérieusement et régulièrement pour éviter les situations d’insalubrité indescriptibles dans les moments de pluies et de fêtes.

La pose des dalles

Les dalles seront une bonne solution pour le désensablement et le ramassage des ordures. Une politique de dallage des artères des villes de notre pays doit être poursuivie et renforcée.

Planter des arbres et mettre des fleurs

L’embellissement des artères est une solution de dissuasion. Ceux qui sont tentés de salir sont toujours dissuadés par un environnement propre et bien embelli. En plus de cette nécessité d’apporter de la fraîcheur et de la verdure dans nos villes.

La sanction

La sanction doit couronner le tout après que l’Etat a pris toutes les dispositions liées à la sensibilisation et aux moyens d’action.

La sanction est dissuasive pour ceux qui ont la manie de semer leur déviation personnelle sur le sol de l’intérêt général.

Thierno Bocoum

Président du mouvement AGIR

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