dimanche , 8 décembre 2019
Home / A LA UNE / Accès aux financements en Afrique : « Le fossé à combler s’élève à 40 milliards de dollars pour les femmes »

Accès aux financements en Afrique : « Le fossé à combler s’élève à 40 milliards de dollars pour les femmes »

Cheffe de l’unité Egalité de genre, autonomisation des femmes à la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA), Mme Ngoné Diop a pris part ce mardi au panel consacré aux politiques macroéconomiques. Ce en marge du Sommet mondial sur le genre, co-organisé par la Banque africaine de développement, le Rwanda et des partenaires de développement.

Cette ancienne conseillère du gouvernement rwandais sur le genre a insisté sur le cadre macroéconomique, qui permet de prendre en charge les contraintes et les besoins des femmes entrepreneures.

« L’une des contraintes majeures est l’accès aux financements. Comparé aux autres régions du monde, le fossé à combler s’élève à 40 milliards de dollars pour les femmes. Pour permettre aux femmes d’accéder aux capitaux, il faut reformuler le cadre. Mais il faut aussi revoir le cadre juridique et gérer la question de la protection sociale des femmes », a-t-elle relevé.

La contribution des femmes à la création de la richesse nationale compte pour plus de 36% au Burkina, Sénégal et dans la plupart des pays africains. La mise en œuvre de mécanismes de garantie peut leur permettre d’évoluer le long de la chaîne économique et générer des revenus.

L’ambition d’une meilleure inclusion financière des femmes appelle des réformes du cadre macroéconomique.

Pour Hannan Morsy, experte en macroéconomie et politiques publiques à la BAD, il s’agit de promouvoir la participation des femmes en insistant sur l’accès à la santé, en leur garantissant un minimum de protection et par une fiscalisation équitable, en faisant en sorte que le fardeau de la TVA ne soit pas plus lourd sur les femmes entrepreneures.

« Garantir aux femmes un meilleur accès aux financements permettra de profiter du potentiel des 25% de femmes entrepreneures du continent. » Mais pour elle, « il faut une information adaptée et accessible pour les femmes à travers des plateformes numériques qui permettent de réduire leur exposition à la corruption. »

L’expérience du Rwanda a été soulignée par Amina Rwakunda, économiste en chef au sein du gouvernement du Rwanda. « Les gouvernements ont la responsabilité de mettre en place des programmes et filets de protection sociale qui aident à assurer l’inclusion financière des femmes », a-t-elle expliqué. A cet effet, la mise en place d’une assurance communautaire a, par exemple, allégé leur fardeau financier et facilité leur autonomisation.

L’ambassadeur Philippe Lacoste, directeur du développement durable au ministère français des Affaires étrangères, est, quant à lui, revenu sur la difficulté à mesurer les effets des politiques sur le genre, car « les statistiques sont le parent pauvre, et les données manquent en Afrique pour mieux saisir les effets des politiques de coopération sur la mortalité maternelle et infantile, l’état-civil ». Il y a donc un travail d’assistance et de coopération statistique à mener parce que, selon lui, ces indicateurs, aussi imparfaits soient-ils, sont essentiels pour corriger les inégalités, notamment celles de genre.

Clara Mira, représentante résidente du FMI en Ouganda, a insisté sur la diversité et la mixité qui aide les pays à se développer de façon équilibrée parce que « selon les études, les résultats sont meilleurs et on crée environ 30% de plus de PIB par la participation des femmes ».

Une inquiétude a été exprimée par rapport aux nouvelles technologies car certains emplois à la chaîne réalisés par les femmes seront menacés par l’utilisation de plus en plus grande des nouvelles technologies. L’amélioration de l’accès aux TIC et à Internet est une voie à explorer pour anticiper sur les défis de l’avenir.

Après l’intervention des panélistes plusieurs intervenants ont livré les expériences d’autres pays. La ministre du Genre du Niger a exposé les grands axes de la politique d’autonomisation des femmes portée par le Plan de développement économique et social et la Stratégie nationale d’autonomisation des femmes dans son pays.

« Le genre a été intégré dans le 7ème plan de développement en cours d’exécution. L’autonomisation par l’accès à la terre est certes importante mais il faut, en plus, une réforme du droit foncier », a expliqué la ministre Zambienne du Genre.

Une entrepreneure de Madagascar a expliqué les contraintes de son entreprise qui emploie près de 60% de femmes, et qui sont liées à la condition des femmes (congés de maternité) et qui occasionnent un manque à gagner.

Sur ce point, Mme Diop (CEA) a suggéré une meilleure redistribution des gains, de meilleures politiques sociales pour combler le fossé des entreprises qui font face à ce genre de contraintes, mais également une meilleure organisation des femmes entrepreneures pour que leurs préoccupations soient prises en compte par les politiques publiques, « car seules 10% des femmes en Afrique ont accès aux politiques sociales. »

Regarder aussi

Djiby Fall, coach GF : « Je suis revenu grâce à Demba Mbaye »

Passé du National 2 en Ligue 1 avec Génération Foot, en l’espace de quatre ans, …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *